21 Tweets 24 reads Jun 01, 2023
#Thread : Le JIHAD de SYED AHMED BARELVI contre les chiites, les hindous, les Britanniques et les Sikhs
⬇️⬇️(1820's)
Comment un musulman héroïque, défenseur de l' Inde islamique, s’est-il levé contre la mécréance et l’injustice ?
🧵
Syed Ahmed Barelvi, né en 1786, grandit dans une petite ville près de Lucknow.
Doté d’une force physique exceptionnelle, d’une grande piété mais peu scolaire, il devient soldat pour un dirigeant musulman local. Il va toutefois quitter cette fonction :
L’Inde est en effet sous domination coloniale britannique depuis 1757 et dirigée par la Compagnie des Indes orientales.
Les pouvoirs hindous y prospèrent avec l’appui britannique, tout comme diverses sectes (chiisme, sikhisme). Les musulmans, divisés, sont soumis.
Syed Ahmad Barelvi n’attend plus rien des leaders politiques musulmans, trop faibles, et fait da’wa.
Il a un grand projet : chasser les ennemis de l’islam, rétablir l’honneur des musulmans et édifier un État islamique sur tout le territoire.
Charismatique, il est entouré de nombreux compagnons dont le savant indien Shah Ismail Dehlavi.
il recrute des milliers de musulmans dans les plaines du nord de l’Inde dès 1818.
L’Inde est une terre régie par les lois des mécréants et les croyants y sont humiliés : étant à ses yeux un dar al harb, le jihad y est obligatoire.
Sa priorité est de débarrasser l’Inde du shirk, par la bonne exhortation mais aussi la force.
Syed Ahmed lutte contre les chiites. Il détruit des mausolées et empeĉhe la tenue des Ta'zieh, des cérémonies innovées...
commémorant le martyr de Hussein (qu’Allah soit satisfait de lui) et auxquelles participaient de nombreux sunnites.
Il fait aussi la guerre aux croyances hindoues et à leur emprise sur l’islam local .
Il a épousé la veuve de son frère décédé, ce qui lui reprochent, à tort, des musulmans influencés par l’hindouisme.
Le redoutable réseau de prédicateurs et d’administrateurs qu’il constitue devient un cauchemar pour les polythéistes ennemis de l’islam.
Luttant contre les bid’a et les superstitions, il fait détruire les ta’wiz, des amulettes porte-bonheur alors massivement utilisées par les musulmans.
Il est très dur avec le soufisme d'alors, estimant que l’ascétisme des trois premières générations (zuhd) a dégénéré dans des superstitions responsables de l’humiliation des musulmans.
Naqshbandiya, Chishtiyya, Qadiriya, malgré leur participation indiscutable à l’histoire islamique indienne, sont désormais, à ses yeux, disqualifiées par leur passivité
En 1822, Syed Ahmad Barelvi, accompagné de près de 300 hommes, réalise un hajj exceptionnel et se rend à La Mecque.
Un acte de résistant, car des oulémas indiens, sous pression coloniale, répandaient l’idée que le hajj, irréalisable, n’était plus obligatoire.
Il retourne dans le Nord-Ouest de l’Inde, dans la vallée de Peshawar. Soutenu militairement par quelques gouverneurs musulmans impressionnés...
il va combattre une autre secte, qui forme alors un petit empire martyrisant les musulmans : les sikhs.
Le sikhisme est une secte prétendument « monothéiste », construite autour de la prédication du guru Nanak, à mi-chemin entre les traditions hindoues et la notion de tawhid.
Syed Ahmad libère des villages et met en place un proto état islamique régi par la shari’a.
Ceux qui ne prient pas sont fouettés, les femmes appelées à la pudeur et traitées avec justice, les impôts non-islamiques abolis :
de nombreuses tribus le rejoignent et Syed Ahmed appelle à rejeter cette pourriture qu’est le tribalisme.
Il organise des compétitions de lutte et de tir à l’arc et dirige les prières. Qualifié de « wahabbite » par ses détracteurs, musulmans ou non....
il est proclamé calife en 1827 et gouverne avec le Coran et la Sunna.
C’est en 1831, à Balakot (actuel Pakistan), qu’a lieu la bataille finale entre les troupes sikhs du maharaja Ranjit Singh et les mujahidins dirigés par Syed Ahmad Barelvi.
Après une bataille considérable, Syed Ahmed est capturé et décapité رَحِمَهُ الله .
Les Britanniques, s’ils voyaient d’un bon œil la guerre entre sikhs et musulmans, se féliciteront de la mort d’un homme qui préparait un plan de grande envergure pour la défense d’une Inde islamique.
Le sheikh indien Abu l Hassan an Nadwi a écrit une sublime biographie de Syed Ahmad Barelvi.
Pour un regard occidental et très critique sur la mémoire du personnage, voir Marc Gaborieau. Olivier Roy en fait presque le fondateur du jihadisme international.
Syed Ahmed Barelvi est un des plus célèbres musulmans de l’Asie islamique.
Son influence fut colossale sur la revivification de l’islam indien, le retour à la sunna prophétique dans le continent et la constitution de réseaux internationaux de savants رَحِمَهُ الله

Loading suggestions...