Jacques Sapir
Jacques Sapir

@russeurope

13 تغريدة 31 قراءة Feb 09, 2023
I. On va tenter d’évaluer dans ce #Fil ou #Thread l’impact réel des sanctions sur l’économie russe en regardant le secteur productif et la DYNAMIQUE DU VOLUME DE SORTIE PHYSIQUE PAR TYPES DE BASE D'ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
@ArnaudDubien @EQuidet
II. Les données ici ne sont pas présentée en glissement annuel mais en pourcentage de la valeur de décembre 2020 (sortie de la crise COVID-19). Cette présentation permet de mieux montrer et comparer l’évolution mensuelle réelle de la production.
III. Elle permet entre autres de bien comparer les cycles annuels de production. Cette dernière n’est pas linéaire de mois en mois et elle est affectée par les conditions climatiques, mais aussi les rythmes de passation des contrats
IV. Globalement, en comparant les volumes, on voit que la production de 2022 est inférieure de -1,6% à celle de 2021. La baisse est plus faible que celle du PIB (-2,2%) car la baisse a surtout touché les services. La production stricto-sensu n’a baissé que de -1,6%
V. On constate sur le graphique que l’impact immédiat des sanctions s’est fait sentir sur la période de mars à mai 2022. Par la suite, la production suit la courbe de 2021 en récupérant quelque peu. On peut cependant distinguer 2 événements
VI. (a) L’impact des sanctions : si de mars à mai la production baisse en 2021 et 2022, elle baisse plus en 2022 (baisse supplémentaire de 4,9%). C’est clairement l’effet des sanctions.
VII. (b) Une nouvelle baisse apparaît entre août et septembre et, ici encore elle est plus accentuée en 2022 qu’en 2021 de -2,2%. C’est très probablement l’effet de la « mobilisation » des réservistes qui a momentanément désorganisé la production.
VIII. Si l’on applique le même raisonnement à l’industrie manufacturière, on constate une baisse de -1,4%. Par contre les industries extractives ont progressé de 0,94%. L’industrie, au total, a reculé de 0,6%.
IX. Pour l’industrie extractive, le choc des sanctions est fort : - 8,1%. Celui de la mobilisation est plus faible : -2,8%. Mais, ces chocs sont rapidement effacés par une croissance de la production dans les mois qui suivent.
X.Pour l’industrie manufacturière, le choc instantané des sanctions n’est que -2,8%. Par contre le choc de la mobilisation de septembre est de -3,5%. C’est logique vu l’intensité du travail plus importante dans l’industrie manufacturière par rapport à l’indus. extractive.
XI. Le décalage global entre 2022 et 2021 n’est donc pas dû uniquement aux sanctions mais a AUSSI une composante liée à la guerre. Sans l’impact de la mobilisation la baisse de la production (au sens strict) n’aurait été que -0,7% et non -1,6%.
XII. Il convient donc, quand on cherche à mesurer l’impact des sanctions, de bien distinguer les causes de la baisse de la production. Les sanctions ne sont responsables que de la moitié de cette baisse.
XIII. Le manque d’organisation dans la mise en œuvre de la mobilisation des réservistes a probablement causé l’autre moitié de la baisse de la production et conduit à une baisse de la production plus élevée

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